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La nouvelle a fait le tour du monde. En marge de l’audience générale hebdomadaire, mercredi dernier, 2 motos de la célèbre marque américaine Harley-Davidson ont été offertes au pape François. Mais nul n’a su dire, jusqu’alors, à qui et à quoi étaient destinées les 2 engins…

Les plus critiques se pincent le nez en se demandant ce qu’un pape peut bien faire de tels bolides, et les plus malicieux vont jusqu’à imaginer les deux papes qui cohabitent aujourd’hui au Vatican en train de faire, au coucher du soleil, des tours de moto dans les jardins du petit Etat ! 

Diffusées à la presse, les quelques photos de la rencontre entre le pape François et les responsables de Harley-Davidson, en marge de l’audience générale, ont montré le pontife aux côtés de 2 modèles flambant neuf réalisés pour les 110 ans de la firme américaine. Mais, en fait, le constructeur d’Outre-Atlantique a offert au pape 4 motos, et non 2

C’est ainsi que circulent désormais au Vatican 2 autres Harley destinées à la Gendarmerie vaticane ! Ces engins, du modèle Road King Police, sont en tous points comparables à ceux qu’utilisent les policiers américains, du moins dans les séries télévisées ! Leur prix oscille, selon la firme, entre 24 000 et 33 000 €, pour les modèles classiques.

Les 2 véhicules offerts aux gendarmes du Vatican sont à dominante blanche et recouverts de l’inscription en italien : Gendarmeria. Sur le réservoir figure le blason de l’Etat de la Cité du Vatican et, à l’arrière, l’immatriculation vaticane. 

Il est fort probable, dans les jours à venir, que l’on aperçoive les 2 puissants bolides de la Gendarmerie aux côtés de la voiture du pape. Mais, alors que la Ville éternelle est remplie de motards tatoués à cheval sur leurs engins vrombissants, un mystère demeure : que vont devenir les 2 Harley offertes au pape François ?

Toujours est-il que dimanche, lors de la prière de l’Angélus, le pape François accordera sa bénédiction aux milliers de bikers venus à Rome fêter l’anniversaire du mythique constructeur de motos. Harleyluia ! ©Agence I.MEDIA

 

Il n’y a pas de doutes, le cardinal Angelo Bagnasco, président de la Conférence épiscopale italienne depuis 2007, devrait survivre au cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège. Ce n’est qu’une question de date…

Et, dans la soirée du 23 mai, devant l’ensemble de l’épiscopat italien qu’il rencontrait pour la première fois dans le cadre majestueux de la basilique Saint-Pierre, le pape François a fait une mise au point aussi inattendue qu’explicite. Outre sa “méditation“ décapante sur le ministère des pasteurs, le primat d’Italie a improvisé quelques mots d’accueil devant le ‘chef’ de l’épiscopat italien : “Vous avez tellement de tâches : d’abord l’Eglise d’Italie, et puis le dialogue avec les institutions culturelles, sociales et politiques, c’est votre rôle et ce n’est pas facile !“

Une petite phrase et le pape François a rappelé la répartition des rôles entre le Saint-Siège et l’Eglise locale, y compris en Italie où les 44 hectares du Vatican débordent souvent sur le territoire italien. Il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre que l’Italie est un peu “la cour de récré“ du Vatican !

Quoi qu’il en soit, cette mise au point pourra servir de point de départ au prochain secrétaire d’Etat. A plusieurs reprises, à plus ou moins juste titre, l’épiscopat italien a accusé le cardinal Tarcisio Bertone de marcher sur ses plates-bandes.

Et un nouveau signe de la plus grande autonomie de l’épiscopat italien pourrait être, à la fin du quinquennat du cardinal Bagnasco, en 2017, l’élection du président de l’épiscopat par ses pairs, et non plus sa nomination par le pape. AMI

Le choix du pape argentin de demeurer (pour l’heure) à la Maison Sainte-Marthe, ne fait pas que des heureux. Avec son installation dans une résidence où vit déjà une centaine d’autres personnes, les services de sécurité du Vatican ont vu leur travail se compliquer. Dans la curie ou les différents bureaux du petit Etat, la déception est également perceptible. Au 3e étage du Palais apostolique, les grands (mais simples) appartements pontificaux vides inquiètent quelques-uns, et en fait sourire d’autres à la simple idée que le ‘locataire’ précédent a désormais pris ses quartiers, lui aussi, dans les jardins du Vatican. Cocasse situation.

Mais pourquoi le pape François résiste-t-il à ceux qui lui conseillent de s’installer dans le Palais apostolique ? On ne devient pas pape en un jour, semble-t-il. Et la chose semble plus difficile pour l’ancien archevêque de Buenos Aires, qui a vécu au milieu de son peuple, et n’entend pas se couper du monde. Bien qu’il ait accepté sa charge (écartée, dit-on, lors du Conclave de 2005), le pape François paraît avoir du mal à rester entre les murs de la cité pontificale.

En témoigne cette confidence glissée hier soir au détour d’un long et étonnant discours improvisé devant 200 000 fidèles au rassemblement des mouvements ecclésiaux sur la place Saint-Pierre : “Quand je vais confesser… euh, plus maintenant, je ne peux pas parce qu’on ne peut pas sortir d’ici !“ Des rires ont éclaté dans la foule. Cette confidence témoigne cependant de la difficulté de ‘faire’ le pape pour un archevêque “venu du bout du monde“, et promet quelques autres surprises.

Et cette confidence n’est pas venue seule car, aussitôt, le pape s’est repris : “Quand j’allais confesser, dans mon diocèse précédent…“ Dès lors, ceux qui s’inquiètent aussi que le pape fasse trop l’évêque de Rome ne seront pas rassurés !

Antoine-Marie Izoard

 

“Après le grand pape Jean-Paul II, messieurs les cardinaux m’ont élu moi, un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur. Le fait que le Seigneur sache travailler et agir également avec des instruments insuffisants me console et surtout, je me remets à vos prières, dans la joie du Christ ressuscité, confiant en son aide constante“.

Simplicité, humilité, travail et confiance. Benoît XVI avait tout dit, ou presque, le 19 avril 2005, en apparaissant timidement à la loggia de la basilique Saint-Pierre. 7 ans, 10 mois et 9 jours plus tard, “l’humble serviteur“ s’est effacé après un adieu inédit à la ville de Rome et ces derniers mots : “Je suis simplement un pèlerin qui débute la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre. Mais, je voudrais encore, avec mon cœur, mon amour, ma prière, ma réflexion, toutes mes forces intérieures, travailler pour le bien commun, le bien de l’Eglise et de l’humanité“.

Courageusement, contre vents dominants et marées médiatiques, Benoît XVI a mené en direction du large la barque qu’il décrivait “prête à couler“ et dont on lui avait confié la barre. Sûr que quelqu’un d’autre de plus haut que lui conduit cette embarcation - il l’a clairement explicité lors de sa dernière rencontre avec les fidèles -, il a choisi de passer le relais à un homme plus jeune, et l’assure d’ores et déjà de sa prière constante, sûr que Dieu n’abandonne pas son Eglise. Etonnante nouveauté, un pape retraité priera quotidiennement pour un pape en action !

Benoît XVI va rentrer dans le grand silence de la tradition bénédictine, loin du chaos médiatique de ces derniers jours et des jours à venir. Rien ne lui a été épargné : sexe, finances, luttes de pouvoir, scandales en tous genres… Celui qui avait été accueilli comme un ancien des Jeunesses hitlériennes ne pouvait réellement s’en aller sur la pointe des pieds dans les médias occidentaux. Mais, dans un geste désarmant pour le monde, voire incompréhensible, “l’humble serviteur dans la vigne du Seigneur“ pose ses sécateurs, son tablier et sa hotte de vigneron. A l’image des échafaudages qui se dressent aujourd’hui sous les fenêtres des appartements qu’il a désormais quittés, le chantier continue.

Pour sûr, le prochain pape sera mis à l’épreuve de souverains poncifs médiatiques. Mais ce n’est réellement pas là l’essentiel. L’histoire de l’Eglise est en marche.

Antoine-Marie Izoard, I.MEDIA (28 février 2013)

Non, contrairement à ce que l’on peut lire sur tous les sites d’information en français, Benoît XVI n’a pas donné ses “dernières recommandations“ aux fidèles. Non, les titres réducteurs qui affirment qu’il a appelé l’Eglise à “se renouveler“ et à “se réorienter“ lors de l’avant-dernier Angélus de son pontificat sont trompeurs… la majorité des médias francophones sont tombés dans le panneau.

Pourtant, 4 jours après le début du Carême, à quelques heures d’entrer en silence dans une semaine d’exercices spirituels, apparu à la fenêtre de son bureau, le pape a juste donné des clefs aux croyants aux premiers jours de ce temps de préparation à Pâques.

Comme chaque dimanche, il a lu la catéchèse préparée depuis des semaines par ses collaborateurs de la Secrétairerie d’Etat, bien avant l’annonce de sa renonciation. En italien, il a alors présenté ce “temps de conversion et de pénitence“ au cours duquel “l’Eglise, mère et maîtresse, appelle tous ses membres à se renouveler dans l’esprit, à se réorienter de manière décisive vers Dieu, en reniant l’orgueil et l’égoïsme pour vivre dans l’amour“.

C’est seulement 10 minutes plus tard, après avoir prié l’Angélus et résumé sa catéchèse en 5 autres langues, que Benoît XVI, sans sortir de sa réserve habituelle, a remercié les 50 000 fidèles rassemblés sous ses fenêtres : “Merci d’être venus si nombreux ! Voici encore un signe de l’affection et de la proximité spirituelle que vous me manifestez ces jours-ci“. Il n’en dira pas plus, à peine osera-t-il un “Grazie“, devant les applaudissements nourris qui montent de la place. Joseph Ratzinger reste Joseph Ratzinger… De “collaborateur de la Vérité“, est-il juste passé, il y a près de 8 ans, à “humble serviteur dans la vigne du Seigneur“ !

Encore un peu de patience. Pour le testament de Benoît XVI, il faudra certainement écouter plus attentivement sa catéchèse du mercredi 27 février, dernière audience générale, et son discours aux cardinaux, le lendemain matin, quelques heures avant la vacance du siège apostolique. Là, alors, nous serons prêts à cueillir ses “dernières recommandations“.

Antoine-Marie Izoard