Archive pour septembre, 2012


C’est une messe recueillie et presque confidentielle, ce jeudi à l’aube, qui a donné le top départ de la visite Ad limina des évêques de France, près de 9 ans après leur dernière visite. Depuis, le pape a changé, ainsi qu’une bonne partie de l’épiscopat français !

Ad limina apostolorum… Ces visites “Au seuil (des basiliques) des apôtres“ Pierre et Paul se font depuis Sixte V, au 16e siècle ! Elles sont à la fois un pèlerinage et l’occasion pour chaque évêque de faire à Rome “un rapport sur l’état du diocèse qui lui est confié“. C’est le Droit canon qui le dit.

Pour sûr, en pleins débats sociétaux dans l’Hexagone, les différents discours du pape ne passeront pas inaperçus. Il faudrait être une petite souris pour savoir ce qu’évêques et membres de la curie vont se dire, lors de rencontres à huis clos dans les dicastères. Ce que chacun, aussi, va pouvoir dire au pape qui reçoit, depuis quelques années, les évêques en petits groupes et non plus en face à face.

Cependant, les images tournées après le discours prononcé par Benoît XVI devant le premier groupe d’évêques des provinces de Rouen, Rennes, Poitiers, Tours et Bordeaux en dit long sur le rapport du pape de 85 ans avec la France, avec ses pasteurs !

En recevant des mains du pape un présent, au terme de l’audience, beaucoup se limitent à un “merci très Saint-Père“  ou à un “merci pour vos paroles encourageantes“ qui témoignent de leur affection et de leur respect. Un autre donne au pape des nouvelles d’un cardinal âgé, le suivant lui confie qu’il tente de mettre en pratique dans son diocèse l’Encyclique Deus caritas est, la première du pontificat. “Je prierai Notre-Dame de Pontmain pour vous“, glisse l’évêque de Laval. Celui d’Aire et Dax évoque avec Benoît XVI la figure de saint Vincent de Paul, et plusieurs remercient le pape d’avoir parlé, dans son discours, de sainte Jeanne d’Arc, qui “mériterait d’être Docteur de l’Eglise“. “Oh la belle cathédrale“, s’exclame encore Benoît XVI devant l’évêque de Chartres avant qu’un autre lui rappelle que son invitation à visiter son diocèse tient encore.

Jusqu’au 29 septembre, Benoît XVI aura encore l’occasion de voir ces évêques. Après le synode d’octobre, il recevra plus de 60 autres évêques français. Le tour de France de Benoît XVI ne fait que commencer !

Antoine-Marie Izoard, I.Media

Retrouvez le discours de Benoît XVI aux évêques sur la page Dailymotion de KTO.

La disponibilité du père Federico Lombardi, homme aux multiples casquettes dans la communication du Vatican, est légendaire. Les journalistes qui appellent ou écrivent un message au ‘porte-parole’ sont certains d’obtenir de lui une réponse. Les progrès indéniables de la communication du Saint-Siège sont d’ailleurs visibles à l’œil nu sur ce cliché (© Charles de Pechpeyrou/I.MEDIA) capturé lors de la visite de Benoît XVI à la basilique Saint-Paul, à Harissa. Le “padre Lombardi“ et le directeur de L’Osservatore Romano scrutent leur téléphone portable durant la cérémonie, alors que commencent à tomber à travers les monde les dépêches d’agence et les articles sur les propos (forts) tenus quelques heures auparavant par le pape dans l’avion qui le menait à Beyrouth.

“L’intervention du pape à propos des problèmes de la région, ce matin, lors de l’Angélus, était très dense“, a expliqué le père Lombardi lors d’une dernière rencontre avec la presse, dimanche.

En quelques mots, le ‘porte-parole’ du Vatican a redit que Benoît XVI, à la fin de la messe célébrée sur le front de mer à Beyrouth, mais aussi à plusieurs reprises ces 3 jours, avait évoqué avec force les questions qui agitent le Moyen-Orient.

Ainsi, en 3 jours, à une centaine de kilomètres de la frontière syrienne, Benoît XVI a lancé plusieurs appels pour l’arrêt de toute violence”, appelant au “silence des armes”, et mettant en garde contre la tentation du “fondamentalisme“. Il a très solennellement exhorté les pays arabes à trouver “des solutions viables” pour la paix dans la région, souhaité que chrétiens et musulmans collaborent pour la paix, qu’ils puissent “vivre ensemble sans haine“. Il a également – rien de moins que cela – qualifié l’importation d’armes de “péché grave“.

Ce bilan tranche un tantinet avec les propos que le père Lombardi tenait quelques jours avant le voyage, lorsqu’il assurait que l’on ne devait ne pas s’attendre à “de grandes déclarations politiques“.

S’il s’est bien gardé de faire de la politique politicienne, il n’y a pas de doute que le successeur de saint Pierre a donné des clefs pour la politique régionale d’un Moyen-Orient en crise… une fois n’est pas coutume, d’ailleurs, les discours du pape ont été revus jusqu’au dernier moment. Pour preuve, les journalistes qui suivent le pape n’ont pas pu obtenir, chaque matin, à l’aube, les discours transportés depuis Rome en valises scellées, comme le veut la tradition. Au petit matin, c’est par mail qu’ils ont reçu les textes pontificaux.

Benoît XVI l’a expliqué hier dans l’avion qui le menait à Beyrouth, devant les journalistes qui l’accompagnent (dont un d’I.MEDIA !) : Un capitaine ne quitte pas le navire en pleine tempête. Dans le même esprit, c’est d’ailleurs ce qu’il affirmait il y a 2 ans dans le livre interview Lumière du monde, assurant qu’il ne pouvait quitter les rênes de l’Eglise quand la barque de l’Eglise est secouée par les vagues et le vent…

 

                            (Photo : Philippine de Saint-Pierre/KTO)

Ainsi, a dit le pape timidement devant les caméras du monde entier braquées sur lui, plus la situation au Moyen-Orient est “compliquée“, plus il est “nécessaire“ de donner un “signe“ aux peuples de la région. C’est ce qu’il a expliqué aux journalistes :

“Chers amis, je suis très heureux et reconnaissant de cette possibilité de parler avec vous. Je puis dire que personne ne m’a conseillé de renoncer à ce voyage, et de ma part, je n’ai jamais pensé à cette hypothèse parce que je sais que si la situation devient plus compliquée, il est encore plus nécessaire de donner ce signe de fraternité, d’encouragement, de solidarité. Et donc, c’est le sens de mon voyage : inviter au dialogue, inviter à la paix contre la violence, aller ensemble pour trouver les solutions des problèmes. Et donc, mes sentiments dans ce voyage sont surtout des sentiments de reconnaissance pour la possibilité d’aller en ce moment dans ce grand Pays, ce Pays qui est – comme l’a dit le Pape Jean-Paul II – plusieurs messages dans cette Région de la rencontre et de l’origine des trois religions abrahamiques. Je suis reconnaissant surtout au Seigneur qui m’a donné la possibilité ; je suis reconnaissant à toutes les Institutions et aux personnes qui ont collaboré et collaborent encore pour cette possibilité. Et je suis reconnaissant pour tant de personnes qui m’accompagnent avec la prière. Dans cette protection de la prière et de la collaboration, je suis heureux et je suis sûr que nous pouvons faire un réel service pour le bien des hommes et pour la paix.“

Le pape de 85 ans ne renonce pas et, plus encore, il dénonce la “falsification de la religion“ que représente le fondamentalisme religieux. Voici un autre extrait de ce que le pape a déclaré, en français, aux journalistes :

“Le fondamentalisme est toujours une falsification de la religion. Il va contre l’essence de la religion qui veut réconcilier et créer la paix de Dieu dans le monde. Donc, la tâche de l’Église et des religions est se purifier, une haute purification de la religion de cette tentation est toujours nécessaire. Il est de notre tâche d’illuminer et de purifier les consciences et de rendre clair que chaque homme est une image de Dieu et nous devons respecter dans l’autre, non seulement son altérité mais dans l’altérité la réelle essence commune d’être image de Dieu, et traiter l’autre comme une image de Dieu. Donc, le message fondamental de la religion doit être contre la violence qui en est une falsification – comme le fondamentalisme – et doit être l’éducation, l’illumination et la purification des consciences pour les rendre capables au dialogue, à la réconciliation et à la paix.“

“A l’ombre de la colonnade“. L’oeuvre de Gian Lorenzo Bernini, comme deux grands bras ouverts sur le monde, abrite ce tout nouveau blog. Tout un symbole ! C’est sous cet ouvrage en pierre imposant que ceux qui travaillent au Vatican croisent “le monde extérieur“. Ainsi, il n’est pas rare que journalistes et monsignori de la curie s’y donnent rendez-vous avant d’aller prendre un café dans le borgo tout proche. Et c’est aussi à l’ombre de la colonnade que s’abritent les touristes qui prennent le frais après une visite de la Basilique Saint-Pierre ou cherchent l’entrée – pourtant bien distante – des Musées du Vatican..

 

C’est également entre ces deux bras gigantesques que se massent les pèlerins de toutes nationalités venus écouter le pape lors de la prière dominicale de l’Angélus, ou lors des grandes messes pontificales solennelles. On y respire à la fois la précieuse unité de l’Eglise et son extraordinaire universalité.

 

Au fil de ce blog, nous allons tenter de proposer les coulisses – lumineuses et singulières – de l’actualité vaticane, alors que Benoît XVI s’apprête à fouler le sol libanais et que les semaines qui suivront ne manqueront pas d’activité : Visite ad limina des évêques français, Synode pour la Nouvelle évangélisation, Ouverture de l’Année de la Foi, 50e anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, canonisations…

Profitez d’une halte rafraîchissante “à l’ombre de la colonnade“ !