L’Evangile pour tous ! A l’instar de ceux qui évoquent ces jours-ci le “mariage pour tous“, le synode qui s’achève au Vatican aurait pu proposer cette devise en guise de conclusion. Car, si Benoît XVI avait à l’origine convoqué des évêques du monde entier pour 3 semaines de travaux, c’était pour répondre à la soif des hommes et des femmes qui s’étaient éloignés de Dieu dans les déserts du monde sécularisé, les pays d’ancienne tradition chrétienne. Mais, dès les premiers jours, les interventions des Pères synodaux ont montré que, dans tous les coins de la planète, des hommes et des femmes devaient être conduits à Jésus.

C’est ce qui ressort du Message au peuple Dieu (un peu “longuet“ dit l’archevêque de Bruxelles !) publié aujourd’hui. Un message résolument optimiste, plein d’espérance, d’élan missionnaire, et qui n’oublie personne.

Enthousiastes, les Pères synodaux vont repartir dans leurs diocèses avec des idées nouvelles à expérimenter et, souvent, le souhait d’analyser leur propre pastorale d’évangélisation. Ils s’appuieront sur des laïcs dont il a beaucoup été question mais auxquels les propositions finales laissent peu de place. C’est le premier bémol de cette fin de synode. L’autre bémol, au dire de nombreux participants, réside dans la rédaction laborieuse des 58 propositions faites au pape. Beaucoup d’idées ont été accolées les unes aux autres, amendées à plusieurs reprises, et ne reflètent pas la richesse des travaux de ce synode, au risque de laisser de côté certains sujets abordés avec courage comme la création d’un ministère institué pour les laïcs, la pastorale des personnes divorcées remariées, ou encore le lancement d’une mission mondiale d’évangélisation sous la houlette du pape.

Evêques et cardinaux rencontrés au fil de ce synode s’accordent cependant pour dire que la parole a circulé très librement au cours des travaux. Dans l’hémicycle de la Salle du synode d’abord, mais aussi lors des heures d’échange en petits groupes ou des longues pauses passées, également, autour d’une tasse de café, occasions de partager des expériences.

Dans leur message final, les Pères synodaux ont assuré que l’Evangile n’était pas “un produit à placer sur le marché des religions“ avec de “nouvelles stratégies“, mais que l’Eglise – appelée à la conversion et à l’humilité – devait proposer d’urgence aux hommes et aux femmes de notre époque une nouvelle “rencontre avec le Christ“.

“Venez“, lançait le Christ au début de son ministère public… “Allez“, lança-t-il à la fin. L’évangélisation, c’est maintenant !

Antoine-Marie Izoard, I.MEDIA