Archive pour mai, 2013


Il n’y a pas de doutes, le cardinal Angelo Bagnasco, président de la Conférence épiscopale italienne depuis 2007, devrait survivre au cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège. Ce n’est qu’une question de date…

Et, dans la soirée du 23 mai, devant l’ensemble de l’épiscopat italien qu’il rencontrait pour la première fois dans le cadre majestueux de la basilique Saint-Pierre, le pape François a fait une mise au point aussi inattendue qu’explicite. Outre sa “méditation“ décapante sur le ministère des pasteurs, le primat d’Italie a improvisé quelques mots d’accueil devant le ‘chef’ de l’épiscopat italien : “Vous avez tellement de tâches : d’abord l’Eglise d’Italie, et puis le dialogue avec les institutions culturelles, sociales et politiques, c’est votre rôle et ce n’est pas facile !“

Une petite phrase et le pape François a rappelé la répartition des rôles entre le Saint-Siège et l’Eglise locale, y compris en Italie où les 44 hectares du Vatican débordent souvent sur le territoire italien. Il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre que l’Italie est un peu “la cour de récré“ du Vatican !

Quoi qu’il en soit, cette mise au point pourra servir de point de départ au prochain secrétaire d’Etat. A plusieurs reprises, à plus ou moins juste titre, l’épiscopat italien a accusé le cardinal Tarcisio Bertone de marcher sur ses plates-bandes.

Et un nouveau signe de la plus grande autonomie de l’épiscopat italien pourrait être, à la fin du quinquennat du cardinal Bagnasco, en 2017, l’élection du président de l’épiscopat par ses pairs, et non plus sa nomination par le pape. AMI

Le choix du pape argentin de demeurer (pour l’heure) à la Maison Sainte-Marthe, ne fait pas que des heureux. Avec son installation dans une résidence où vit déjà une centaine d’autres personnes, les services de sécurité du Vatican ont vu leur travail se compliquer. Dans la curie ou les différents bureaux du petit Etat, la déception est également perceptible. Au 3e étage du Palais apostolique, les grands (mais simples) appartements pontificaux vides inquiètent quelques-uns, et en fait sourire d’autres à la simple idée que le ‘locataire’ précédent a désormais pris ses quartiers, lui aussi, dans les jardins du Vatican. Cocasse situation.

Mais pourquoi le pape François résiste-t-il à ceux qui lui conseillent de s’installer dans le Palais apostolique ? On ne devient pas pape en un jour, semble-t-il. Et la chose semble plus difficile pour l’ancien archevêque de Buenos Aires, qui a vécu au milieu de son peuple, et n’entend pas se couper du monde. Bien qu’il ait accepté sa charge (écartée, dit-on, lors du Conclave de 2005), le pape François paraît avoir du mal à rester entre les murs de la cité pontificale.

En témoigne cette confidence glissée hier soir au détour d’un long et étonnant discours improvisé devant 200 000 fidèles au rassemblement des mouvements ecclésiaux sur la place Saint-Pierre : “Quand je vais confesser… euh, plus maintenant, je ne peux pas parce qu’on ne peut pas sortir d’ici !“ Des rires ont éclaté dans la foule. Cette confidence témoigne cependant de la difficulté de ‘faire’ le pape pour un archevêque “venu du bout du monde“, et promet quelques autres surprises.

Et cette confidence n’est pas venue seule car, aussitôt, le pape s’est repris : “Quand j’allais confesser, dans mon diocèse précédent…“ Dès lors, ceux qui s’inquiètent aussi que le pape fasse trop l’évêque de Rome ne seront pas rassurés !

Antoine-Marie Izoard