Archive pour juillet, 2013


Ainsi va la vie. Lorsque vous êtes expatrié, vous n’avez pas l’éternité devant vous. Et pourtant, notre collègue Fréderic Mounier, correspondant du quotidien la Croix qui arrive au terme de son séjour romain, a passé 4 années avec la coupole de la basilique Saint-Pierre au bout du jardin ! C’est dire si, comme ceux qui l’ont précédé et lui succèderont (bienvenu Sébastien !), il avait un bon poste d’observation. D’ailleurs, l’observation, il ne s’en est pas privé.

D’aucuns penseront que nous ne devions pas toujours être d’accord et d’autres nous rappelleront que des titres de nos groupes éditoriaux respectifs sont concurrents… Tout cela est vrai. Pour autant, au terme de son riche séjour romain, nous voulons en peu de mots saluer son travail de vaticaniste, sa recherche incessante pour comprendre faits et gestes du pape (des papes !), sa curiosité et sa grande sagesse, sans oublier son amitié fidèle.

Au cœur de l’homélie qu’il prononçait ce matin avec force sur l’île de Lampedusa, le pape François a souhaité un fructueux Ramadan aux musulmans et immédiatement après lancé, comme un vœu, “O’scià !“. Après avoir fouillé dans nos connaissances d’arabe, nous avons finalement compris que le pape argentin, en habile communicant, avait adopté une salutation typique de la petite île méditerranéenne qui signifie (plus ou moins) : “tu es mon souffle“.

O’scià Fréderic !

On l’attendait à Assise. Dès le lendemain de son élection, celui qui avait choisi de s’appeler François en l’honneur du Poverello était ainsi attendu en Ombrie, au plus vite. Et puis, lors d’une audience générale, le pape a annoncé qu’il se rendrait en septembre à Cagliari afin de prier la Vierge de Bonaria : la madone des ‘bons vents’ vénérée dans son ancien diocèse de … Buenos Aires ! Programmée le 4 octobre pour la fête du Patron d’Italie, la visite à Assise se trouvait alors placée en seconde position. Le pape allait donc consacrer son premier déplacement dans la péninsule à la Sardaigne.

Mais c’est une autre île qui aura l’honneur d’être le premier recoin d’Italie à recevoir le nouveau pontife : un petit territoire d’à peine plus de 20 km2, fort de symbole, et situé à l’extrême sud de la péninsule : l’ile de Lampedusa.

L’île qui abrite certaines des plus belles plages du monde est aussi le point de chute de dizaines de milliers de réfugiés ou de candidats à l’émigration en Europe. Depuis 6 mois, près de 8000 migrants ont ainsi débarqué sur les côtes italiennes, soit deux fois plus que l’année précédente à la même période, et Lampedusa est le premier bout de terre européenne foulé par plus de 3600 d’entre eux.

Mais ces chiffres ne précisent pas combien d’autres ne sont pas parvenus au bout du voyage et sont morts noyés sur leur route vers l’Europe. C’est parce qu’il a été “profondément touché“ par le récent naufrage d’un bateau transportant des migrants en provenance d’Afrique que le pape François a décidé de se rendre à Lampedusa. Il y sera donc aux portes de l’Afrique bien avant d’aller saluer les fidèles sardes ou prier sur le tombeau de saint François d’Assise. Tout un programme. AMI