Lors de la messe de la Fête-Dieu qu’il présidait hier soir devant la basilique Saint-Jean-de-Latran, l’évêque de Rome a eu l’air fatigué. Le pape François avait la voix éraillée, le souffle faible tout au long de la cérémonie (et pas seulement au début comme d’habitude), et un visage légèrement abattu. Pour s’économiser, très justement, il avait choisi de ne pas suivre à pied, cette année, la procession du Saint-Sacrement, au terme de la messe.

Mais malgré tout, à Rome, nombre de prélats et d’observateurs de la vie vaticane trouvent que le pape en fait (un peu) trop. La multiplication récente des annulations ou reports d’audiences n’a d’ailleurs rien de rassurant.

Plusieurs proches du pape n’ont pas hésité à lui suggérer de prendre un peu de repos lorsque, au contraire, son agenda ne cesse de se remplir de nouveaux rendez-vous. Ces dernières semaines, outre les audiences générales du mercredi, le pape a présidé plusieurs autres audiences devant des dizaines de milliers de fidèles : Renouveau charismatique, carabiniers, sportifs, bénévoles des Miséricordes d’Italie. Lors de ces audiences, le pape de 77 ans fait de longs tours en papamobile, embrassant enfants et personnes malades, descendant de véhicule pour saluer tel ou tel, attrapant au vol drapeaux, tee-shirts ou casquettes. Sans oublier la Prière pour la paix en Terre Sainte et sa visite à la communauté Sant’Egidio… et doit-on encore croire ceux qui disaient, au lendemain de son élection, que Jorge Mario Bergoglio n’aimait pas voyager ?

Le pape François semble n’avoir pas envie de s’arrêter et ne s’inquiète pas plus, d’ailleurs, des risques qu’il court parfois en réduisant au maximum la distance entre lui et les fidèles, le peuple des croyants. En témoigne cette confidence récente à un journaliste : “Soyons réaliste, à mon âge, je n’ai pas grand-chose à perdre“. AMI