Categories: Les voyages


La lecture du “calendrier des événements présidés par le Saint-Père“ proposé par la Préfecture de la Maison Pontificale peut s’avérer parfois source de surprises. Ainsi, celui qui vient d’être récemment mis à jour sur le site du Vatican propose le calendrier du pape François jusqu’à fin juin 2016 et laisse à penser que, cette année encore, le pontife de 79 ans ne lésinera pas sur les voyages apostoliques.

On sait déjà que le pape François se rendra en visite apostolique au Mexique du 12 au 18 février, et aussi qu’il se rendra en Pologne fin juillet pour participer aux Journées mondiales de la jeunesse organisées à Cracovie, faisant très probablement aussi étape au camp d’extermination d’Auschwitz ainsi qu’au sanctuaire marial de Czestochowa.

Dans la longue liste des rendez-vous pontificaux, on trouve les dates des messes présidées par le pape, mais aussi des Angélus, des audiences générales du mercredi et désormais des audiences spéciales du samedi à l’occasion du Jubilé de la miséricorde. On découvre aussi, c’est le plus cocasse, que l’Angélus du dimanche 22 mai est “annulé“, de même pour l’audience générale du mercredi 22 juin et l’Angélus du dimanche 26 juin.

Parce qu’il est un peu joueur, le vaticaniste croit pouvoir imaginer que le pape François fera un saut dans un pays d’Europe le dimanche 22 mai. Pourquoi pas à nouveau un petit pays des Balkans comme le Kosovo ? Ou bien encore l’Arménie où il a promis de se rendre ? L’annonce de ce déplacement, quoi qu’il en soit, ne devrait pas tarder. Et puis l’absence prolongée du pape durant la quatrième semaine de juin laisse à penser qu’il pourrait voyager un peu plus loin qu’en Europe ou dans un pays qui requiert d’effectuer plusieurs étapes. A suivre…

AMI – © Agence I.MEDIA

Participer aux différents voyages du pape à bord du Vol papal est un privilège rare, une expérience professionnelle et personnelle merveilleuse, et l’assurance aussi de revenir à Rome sur les rotules. Si Benoît XVI nous avait offert (durant les vols Aller) des cours magistraux et des réponses clairement énoncées qui peuvent être relues des années plus tard, son successeur François répond en toute liberté (durant les vols Retour) aux questions les plus diverses des journalistes.

Peut-être parce que j’ai eu le privilège d’être ce lundi à un mètre de lui – ou peut-être parce que j’ai une conception particulièrement originale de mon métier de journaliste -, je n’ai pas entendu tout à fait la même chose que certains de mes collègues, hautement qualifiés, lorsque le pape François nous a parlé, durant une heure, à notre retour de Corée du Sud.

Non, le pape François n’a pas déclaré que c’est la Troisième Guerre mondiale, comme le titrent ce matin à peu près tous les journaux italiens, mais bien que “nous sommes aujourd’hui dans un monde en guerre, un peu partout“ et que “quelqu’un“ lui avait dit : “Vous savez, Père, que nous sommes dans la Troisième Guerre mondiale, mais par morceaux“.
Air Max 2013

<p >Non, le pape François n’a pas donné son “feu vert“ à des bombardements américains en Irak, comme l’écrivent plusieurs confrères des Etats-Unis, mais bien ceci : “Il est licite d’arrêter l’agresseur injuste. Je dis bien ‘arrêter’, je ne dis pas bombarder ou faire la guerre, les moyens de l’arrêter devront être évalués“. Assaillis par une grande fatigue, mes collègues américains dormaient peut-être déjà quand, 10 secondes plus tard, le pape a lancé : “Un pays ne peut juger tout seulcomment arrêter un agresseur injuste“… et encore : “Après la Seconde Guerre mondiale est née l’idée des Nations unies, c’est là que l’on doit discuter et dire : il y a un agresseur injuste, comment l’arrêtons-nous ?“

Oui, le pape a dit qu’il retournerait “à la Maison du Père dans 2 ou 3 ans“, visiblement amusé. Ce matin, ce sont les journaux français qui ne parlent que de cela… Et lorsqu’il dit plus sérieusement que le Christ est ressuscité, ils le croient ça ?

Allez, sur ce, je pars à la plage.

Antoine-Marie Izoard

La disponibilité du père Federico Lombardi, homme aux multiples casquettes dans la communication du Vatican, est légendaire. Les journalistes qui appellent ou écrivent un message au ‘porte-parole’ sont certains d’obtenir de lui une réponse. Les progrès indéniables de la communication du Saint-Siège sont d’ailleurs visibles à l’œil nu sur ce cliché (© Charles de Pechpeyrou/I.MEDIA) capturé lors de la visite de Benoît XVI à la basilique Saint-Paul, à Harissa. Le “padre Lombardi“ et le directeur de L’Osservatore Romano scrutent leur téléphone portable durant la cérémonie, alors que commencent à tomber à travers les monde les dépêches d’agence et les articles sur les propos (forts) tenus quelques heures auparavant par le pape dans l’avion qui le menait à Beyrouth.

“L’intervention du pape à propos des problèmes de la région, ce matin, lors de l’Angélus, était très dense“, a expliqué le père Lombardi lors d’une dernière rencontre avec la presse, dimanche.

En quelques mots, le ‘porte-parole’ du Vatican a redit que Benoît XVI, à la fin de la messe célébrée sur le front de mer à Beyrouth, mais aussi à plusieurs reprises ces 3 jours, avait évoqué avec force les questions qui agitent le Moyen-Orient.

Ainsi, en 3 jours, à une centaine de kilomètres de la frontière syrienne, Benoît XVI a lancé plusieurs appels pour l’arrêt de toute violence”, appelant au “silence des armes”, et mettant en garde contre la tentation du “fondamentalisme“. Il a très solennellement exhorté les pays arabes à trouver “des solutions viables” pour la paix dans la région, souhaité que chrétiens et musulmans collaborent pour la paix, qu’ils puissent “vivre ensemble sans haine“. Il a également – rien de moins que cela – qualifié l’importation d’armes de “péché grave“.

Ce bilan tranche un tantinet avec les propos que le père Lombardi tenait quelques jours avant le voyage, lorsqu’il assurait que l’on ne devait ne pas s’attendre à “de grandes déclarations politiques“.

S’il s’est bien gardé de faire de la politique politicienne, il n’y a pas de doute que le successeur de saint Pierre a donné des clefs pour la politique régionale d’un Moyen-Orient en crise… une fois n’est pas coutume, d’ailleurs, les discours du pape ont été revus jusqu’au dernier moment. Pour preuve, les journalistes qui suivent le pape n’ont pas pu obtenir, chaque matin, à l’aube, les discours transportés depuis Rome en valises scellées, comme le veut la tradition. Au petit matin, c’est par mail qu’ils ont reçu les textes pontificaux.

Benoît XVI l’a expliqué hier dans l’avion qui le menait à Beyrouth, devant les journalistes qui l’accompagnent (dont un d’I.MEDIA !) : Un capitaine ne quitte pas le navire en pleine tempête. Dans le même esprit, c’est d’ailleurs ce qu’il affirmait il y a 2 ans dans le livre interview Lumière du monde, assurant qu’il ne pouvait quitter les rênes de l’Eglise quand la barque de l’Eglise est secouée par les vagues et le vent…

 

                            (Photo : Philippine de Saint-Pierre/KTO)

Ainsi, a dit le pape timidement devant les caméras du monde entier braquées sur lui, plus la situation au Moyen-Orient est “compliquée“, plus il est “nécessaire“ de donner un “signe“ aux peuples de la région. C’est ce qu’il a expliqué aux journalistes :

“Chers amis, je suis très heureux et reconnaissant de cette possibilité de parler avec vous. Je puis dire que personne ne m’a conseillé de renoncer à ce voyage, et de ma part, je n’ai jamais pensé à cette hypothèse parce que je sais que si la situation devient plus compliquée, il est encore plus nécessaire de donner ce signe de fraternité, d’encouragement, de solidarité. Et donc, c’est le sens de mon voyage : inviter au dialogue, inviter à la paix contre la violence, aller ensemble pour trouver les solutions des problèmes. Et donc, mes sentiments dans ce voyage sont surtout des sentiments de reconnaissance pour la possibilité d’aller en ce moment dans ce grand Pays, ce Pays qui est – comme l’a dit le Pape Jean-Paul II – plusieurs messages dans cette Région de la rencontre et de l’origine des trois religions abrahamiques. Je suis reconnaissant surtout au Seigneur qui m’a donné la possibilité ; je suis reconnaissant à toutes les Institutions et aux personnes qui ont collaboré et collaborent encore pour cette possibilité. Et je suis reconnaissant pour tant de personnes qui m’accompagnent avec la prière. Dans cette protection de la prière et de la collaboration, je suis heureux et je suis sûr que nous pouvons faire un réel service pour le bien des hommes et pour la paix.“

Le pape de 85 ans ne renonce pas et, plus encore, il dénonce la “falsification de la religion“ que représente le fondamentalisme religieux. Voici un autre extrait de ce que le pape a déclaré, en français, aux journalistes :

“Le fondamentalisme est toujours une falsification de la religion. Il va contre l’essence de la religion qui veut réconcilier et créer la paix de Dieu dans le monde. Donc, la tâche de l’Église et des religions est se purifier, une haute purification de la religion de cette tentation est toujours nécessaire. Il est de notre tâche d’illuminer et de purifier les consciences et de rendre clair que chaque homme est une image de Dieu et nous devons respecter dans l’autre, non seulement son altérité mais dans l’altérité la réelle essence commune d’être image de Dieu, et traiter l’autre comme une image de Dieu. Donc, le message fondamental de la religion doit être contre la violence qui en est une falsification – comme le fondamentalisme – et doit être l’éducation, l’illumination et la purification des consciences pour les rendre capables au dialogue, à la réconciliation et à la paix.“