Benoît XVI l’a expliqué hier dans l’avion qui le menait à Beyrouth, devant les journalistes qui l’accompagnent (dont un d’I.MEDIA !) : Un capitaine ne quitte pas le navire en pleine tempête. Dans le même esprit, c’est d’ailleurs ce qu’il affirmait il y a 2 ans dans le livre interview Lumière du monde, assurant qu’il ne pouvait quitter les rênes de l’Eglise quand la barque de l’Eglise est secouée par les vagues et le vent…

 

                            (Photo : Philippine de Saint-Pierre/KTO)

Ainsi, a dit le pape timidement devant les caméras du monde entier braquées sur lui, plus la situation au Moyen-Orient est “compliquée“, plus il est “nécessaire“ de donner un “signe“ aux peuples de la région. C’est ce qu’il a expliqué aux journalistes :

“Chers amis, je suis très heureux et reconnaissant de cette possibilité de parler avec vous. Je puis dire que personne ne m’a conseillé de renoncer à ce voyage, et de ma part, je n’ai jamais pensé à cette hypothèse parce que je sais que si la situation devient plus compliquée, il est encore plus nécessaire de donner ce signe de fraternité, d’encouragement, de solidarité. Et donc, c’est le sens de mon voyage : inviter au dialogue, inviter à la paix contre la violence, aller ensemble pour trouver les solutions des problèmes. Et donc, mes sentiments dans ce voyage sont surtout des sentiments de reconnaissance pour la possibilité d’aller en ce moment dans ce grand Pays, ce Pays qui est – comme l’a dit le Pape Jean-Paul II – plusieurs messages dans cette Région de la rencontre et de l’origine des trois religions abrahamiques. Je suis reconnaissant surtout au Seigneur qui m’a donné la possibilité ; je suis reconnaissant à toutes les Institutions et aux personnes qui ont collaboré et collaborent encore pour cette possibilité. Et je suis reconnaissant pour tant de personnes qui m’accompagnent avec la prière. Dans cette protection de la prière et de la collaboration, je suis heureux et je suis sûr que nous pouvons faire un réel service pour le bien des hommes et pour la paix.“

Le pape de 85 ans ne renonce pas et, plus encore, il dénonce la “falsification de la religion“ que représente le fondamentalisme religieux. Voici un autre extrait de ce que le pape a déclaré, en français, aux journalistes :

“Le fondamentalisme est toujours une falsification de la religion. Il va contre l’essence de la religion qui veut réconcilier et créer la paix de Dieu dans le monde. Donc, la tâche de l’Église et des religions est se purifier, une haute purification de la religion de cette tentation est toujours nécessaire. Il est de notre tâche d’illuminer et de purifier les consciences et de rendre clair que chaque homme est une image de Dieu et nous devons respecter dans l’autre, non seulement son altérité mais dans l’altérité la réelle essence commune d’être image de Dieu, et traiter l’autre comme une image de Dieu. Donc, le message fondamental de la religion doit être contre la violence qui en est une falsification – comme le fondamentalisme – et doit être l’éducation, l’illumination et la purification des consciences pour les rendre capables au dialogue, à la réconciliation et à la paix.“

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