Le choix du pape argentin de demeurer (pour l’heure) à la Maison Sainte-Marthe, ne fait pas que des heureux. Avec son installation dans une résidence où vit déjà une centaine d’autres personnes, les services de sécurité du Vatican ont vu leur travail se compliquer. Dans la curie ou les différents bureaux du petit Etat, la déception est également perceptible. Au 3e étage du Palais apostolique, les grands (mais simples) appartements pontificaux vides inquiètent quelques-uns, et en fait sourire d’autres à la simple idée que le ‘locataire’ précédent a désormais pris ses quartiers, lui aussi, dans les jardins du Vatican. Cocasse situation.

Mais pourquoi le pape François résiste-t-il à ceux qui lui conseillent de s’installer dans le Palais apostolique ? On ne devient pas pape en un jour, semble-t-il. Et la chose semble plus difficile pour l’ancien archevêque de Buenos Aires, qui a vécu au milieu de son peuple, et n’entend pas se couper du monde. Bien qu’il ait accepté sa charge (écartée, dit-on, lors du Conclave de 2005), le pape François paraît avoir du mal à rester entre les murs de la cité pontificale.

En témoigne cette confidence glissée hier soir au détour d’un long et étonnant discours improvisé devant 200 000 fidèles au rassemblement des mouvements ecclésiaux sur la place Saint-Pierre : “Quand je vais confesser… euh, plus maintenant, je ne peux pas parce qu’on ne peut pas sortir d’ici !“ Des rires ont éclaté dans la foule. Cette confidence témoigne cependant de la difficulté de ‘faire’ le pape pour un archevêque “venu du bout du monde“, et promet quelques autres surprises.

Et cette confidence n’est pas venue seule car, aussitôt, le pape s’est repris : “Quand j’allais confesser, dans mon diocèse précédent…“ Dès lors, ceux qui s’inquiètent aussi que le pape fasse trop l’évêque de Rome ne seront pas rassurés !

Antoine-Marie Izoard

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