On l’attendait à Assise. Dès le lendemain de son élection, celui qui avait choisi de s’appeler François en l’honneur du Poverello était ainsi attendu en Ombrie, au plus vite. Et puis, lors d’une audience générale, le pape a annoncé qu’il se rendrait en septembre à Cagliari afin de prier la Vierge de Bonaria : la madone des ‘bons vents’ vénérée dans son ancien diocèse de … Buenos Aires ! Programmée le 4 octobre pour la fête du Patron d’Italie, la visite à Assise se trouvait alors placée en seconde position. Le pape allait donc consacrer son premier déplacement dans la péninsule à la Sardaigne.

Mais c’est une autre île qui aura l’honneur d’être le premier recoin d’Italie à recevoir le nouveau pontife : un petit territoire d’à peine plus de 20 km2, fort de symbole, et situé à l’extrême sud de la péninsule : l’ile de Lampedusa.

L’île qui abrite certaines des plus belles plages du monde est aussi le point de chute de dizaines de milliers de réfugiés ou de candidats à l’émigration en Europe. Depuis 6 mois, près de 8000 migrants ont ainsi débarqué sur les côtes italiennes, soit deux fois plus que l’année précédente à la même période, et Lampedusa est le premier bout de terre européenne foulé par plus de 3600 d’entre eux.

Mais ces chiffres ne précisent pas combien d’autres ne sont pas parvenus au bout du voyage et sont morts noyés sur leur route vers l’Europe. C’est parce qu’il a été “profondément touché“ par le récent naufrage d’un bateau transportant des migrants en provenance d’Afrique que le pape François a décidé de se rendre à Lampedusa. Il y sera donc aux portes de l’Afrique bien avant d’aller saluer les fidèles sardes ou prier sur le tombeau de saint François d’Assise. Tout un programme. AMI

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