Non, contrairement à ce que l’on peut lire sur tous les sites d’information en français, Benoît XVI n’a pas donné ses “dernières recommandations“ aux fidèles. Non, les titres réducteurs qui affirment qu’il a appelé l’Eglise à “se renouveler“ et à “se réorienter“ lors de l’avant-dernier Angélus de son pontificat sont trompeurs… la majorité des médias francophones sont tombés dans le panneau.

Pourtant, 4 jours après le début du Carême, à quelques heures d’entrer en silence dans une semaine d’exercices spirituels, apparu à la fenêtre de son bureau, le pape a juste donné des clefs aux croyants aux premiers jours de ce temps de préparation à Pâques.

Comme chaque dimanche, il a lu la catéchèse préparée depuis des semaines par ses collaborateurs de la Secrétairerie d’Etat, bien avant l’annonce de sa renonciation. En italien, il a alors présenté ce “temps de conversion et de pénitence“ au cours duquel “l’Eglise, mère et maîtresse, appelle tous ses membres à se renouveler dans l’esprit, à se réorienter de manière décisive vers Dieu, en reniant l’orgueil et l’égoïsme pour vivre dans l’amour“.

C’est seulement 10 minutes plus tard, après avoir prié l’Angélus et résumé sa catéchèse en 5 autres langues, que Benoît XVI, sans sortir de sa réserve habituelle, a remercié les 50 000 fidèles rassemblés sous ses fenêtres : “Merci d’être venus si nombreux ! Voici encore un signe de l’affection et de la proximité spirituelle que vous me manifestez ces jours-ci“. Il n’en dira pas plus, à peine osera-t-il un “Grazie“, devant les applaudissements nourris qui montent de la place. Joseph Ratzinger reste Joseph Ratzinger… De “collaborateur de la Vérité“, est-il juste passé, il y a près de 8 ans, à “humble serviteur dans la vigne du Seigneur“ !

Encore un peu de patience. Pour le testament de Benoît XVI, il faudra certainement écouter plus attentivement sa catéchèse du mercredi 27 février, dernière audience générale, et son discours aux cardinaux, le lendemain matin, quelques heures avant la vacance du siège apostolique. Là, alors, nous serons prêts à cueillir ses “dernières recommandations“.

Antoine-Marie Izoard

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