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Vatican - le 18/04/2013 à 19:47:00 Agence I.Media
Les employés du Vatican ne bénéficieront pas des traditionnelles primes liées au conclave (officiel).

Rompant avec la tradition, le pape François a décidé de ne pas attribuer aux quelque 4000 employés du Vatican la prime habituellement offerte pour l’élection d’un nouveau pontife, a indiqué le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège dans la soirée du 18 avril 2013, confirmant une information publiée quelques heures plus tôt par I.MEDIA. Ce choix, a indiqué le père Federico Lombardi, est justifié par une “situation économique générale difficile“. Dans le même temps, a précisé le Vatican, le nouveau pape a puisé sur des fonds spécifiques pour des dons destinés à des œuvres sociales et de charité.


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“En raison de la situation économique générale difficile, il n’est pas apparu possible ni opportun d’alourdir les budgets des organismes du Vatican avec une dépense considérable extraordinaire imprévue“, a ainsi affirmé le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

A la mort d’un pape, la tradition voulait que les employés du Vatican touchent une gratification extraordinaire, ainsi qu’après l’élection de son successeur. Ainsi, en avril 2005, quelques jours après la mort de Jean-Paul II, le cardinal camerlingue avait approuvé que soit versée à chaque employé une prime de 1000 euros. Chaque employé avait également reçu 500 euros quelques semaines plus tard, à l’occasion de l’élection de Benoît XVI.

Cette fois-ci, devant le caractère inédit de la situation créée par le choix de Benoît XVI de renoncer à sa charge - mais aussi en raison de l’état des finances vaticanes -, le camerlingue, le cardinal Tarcisio Bertone, avait décidé de ne pas verser cette prime pour le siège vacant. Par la suite, le pape François, qui a dit souhaiter “une Eglise pauvre“ et “pour les pauvres“, a décidé pour sa part de ne pas attribuer non plus la prime habituellement versée lors de l’avènement d’un nouveau pontife. Ce choix semble d’ores et déjà moyennement bien reçu par une partie des employés du Vatican.

La charité du pape

Parallèlement, a en outre expliqué le père Federico Lombardi, le pape François a demandé que soient effectués des dons en faveur de “quelques organismes d’assistance et caritatifs“ en puisant sur des fonds disponibles “pour la charité du pape“. Le ‘porte-parole’ du Vatican a tenu à distinguer l’économie faite par la non-attribution de la prime aux employés du choix du souverain pontife de faire preuve de “l’attention de l’Eglise pour les nombreuses personnes en difficulté“. Parmi les bénéficiaires de cette largesse, a appris I.MEDIA, se trouverait la congrégation des Frères hospitaliers de saint Jean de Dieu.

Jusqu’à la mort de Paul VI en août 1978, la prime versée aux employés du Vatican correspondait à deux salaires pleins, l’un pour la mort du pontife, un autre pour l’élection de son successeur. Mais, dans les semaines suivantes, Jean-Paul Ier était décédé après seulement 33 jours de pontificat et son successeur, Jean-Paul II, avait jugé plus sage de ne pas verser une telle somme à chaque employé. Une prime spéciale moindre, dite una tantum, avait alors été versée.

Trois thèses viennent justifier la tradition des primes exceptionnelles liées au siège vacant et à l’élection d’un nouveau pape. D’un point de vue spirituel, d’abord, les membres du Saint-Siège représentent en quelque sorte la famille du pape. Une fois le ‘père’ décédé, il leur laisse donc un héritage. Par ailleurs, au Moyen-Age, les membres de la cour papale pillaient les biens du pontife après sa mort. Par le passé, un camerlingue décida alors de donner une certaine somme pour éviter cette situation. Enfin, plus prosaïquement, les employés ayant travaillé des heures supplémentaires à cause de la mort du souverain pontife et de l’élection de son successeur, il est légitime qu’ils reçoivent une prime de remerciement.

Au Vatican, les bilans oscillent d’année en année entre bénéfice et déficit. Les derniers chiffres connus sont ceux présentés en juillet 2012 concernant l’année précédente : pour 2011, le bilan financier du Saint-Siège était dans le rouge de près de 14,9 millions d’euros. Tandis que celui du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican était positif, avec un actif de 21,8 millions d’euros. AMI


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