France : De passage au Vatican, Manuel Valls promet un “débat“ sur le ‘mariage homosexuel’.
Venu au Vatican pour participer à la canonisation du jésuite français Jacques Berthieu (1838-1896), le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, a assuré qu’un “débat“ aurait bien lieu en France autour du projet de légalisation du mariage entre personnes de même sexe, rappelant cependant la détermination de son gouvernement quant à l'adoption de cette loi. Le ministre français, également en charge des cultes, a confié à une poignée de journalistes, dans la soirée du 20 octobre 2012, que sa visite était le signe du “très grand respect“ du président François Hollande et du premier ministre Jean-Marc Ayrault pour “le Saint-Siège et le pape“.

Photo I.MEDIA
A la veille de la canonisation de Jacques Berthieu, missionnaire français mort martyr à Madagascar, Manuel Valls a eu au Vatican un entretien de 45 minutes avec son compatriote, Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats. Avec le chef de la diplomatie vaticane, le ministre français a “évoqué assez longuement la Syrie, la place du religieux dans la société, la crise morale qui frappe la société corse (dont est originaire Mgr Mamberti, ndlr), la relation entre l’Eglise de France et le gouvernement, entre le Saint-Siège et la France, et puis les grands débats de société : le mariage pour tous et la fin de vie“. Il a également été question, a confié Manuel Valls, de “la place de l’islam en France, du dialogue interreligieux, de la tolérance, de la monté de l’antisémitisme, de la dégradation de cimetières ou de lieux de cultes“.
Manuel Valls a aussi confié avoir expliqué à Mgr Mamberti que le mariage entre personnes de même sexe était “un engagement du président de la République“. Si le projet de loi sera présenté par le Conseil des ministres début novembre, Manuel Valls a semblé exclure “un débat de principe“ sur le bien-fondé de la loi mais a reconnu la nécessité d’un “débat sur sa mise en œuvre et ses conséquences concrètes, administratives et d’ordre civil qui interrogent la conscience“.
Prendre le temps du débat
“Un débat aura lieu“, a encore affirmé le ministre de l’Intérieur à propos du ‘mariage homosexuel’ et de l’adoption par les couples homosexuels, ajoutant qu’il était “logique et légitime que l’Eglise expose pleinement son point de vue comme tous les autres acteurs de la société civile, qu’ils soient favorables ou opposés à ce mariage“. “Dès lors que ce point de vue est émis de manière responsable, respectueuse, a poursuivi Manuel Valls, cette opinion favorise le débat“. Assurant que “le parlement prendra son temps“, il a relevé que “le débat (avait) déjà lieu dans la société“, “y compris dans la majorité“, en particulier “sur la procréation médicalement assistée“.
“Quant on touche à des questions aussi fondamentales que le mariage entre personnes de même sexe, c’est-à-dire à la modification de ce qu’est le mariage civil, ou la fin de vie, il faut prendre son temps et permettre l’expression de chacun“, a encore expliqué le ministre en charge des cultes. Et Manuel Valls d’insister : “il y a une majorité qui souhaite mettre en œuvre cet engagement du président de la République - et personne ne doute qu’il sera mis en œuvre -, mais toutes les voix, qu’elles soient politiques, philosophiques ou religieuses, se feront entendre“.
Le ministre français s’est cependant dit opposé à un référendum, soutenant que “le mariage pour tous“ entrait dans les “grands choix“ que doit affronter un parlement comme, par le passé, la peine de mort ou l’avortement. Par ailleurs, concernant le changement de loi relatif à l’euthanasie, Manuel Valls a souhaité “qu’il y ait, là aussi, un débat digne, noble“.
Une marque de respect
Dans l’entretien qu’il a accordé au quotidien La Croix, à l’Agence France Presse et à I.MEDIA, le ministre français de l’Intérieur a aussi précisé les contours de son déplacement de 24 heures au Vatican. Il a ainsi expliqué que sa visite, qui s’inscrivait dans les “traditions respectées par la République“, représentait à la fois “un usage diplomatique“ et “une marque de respect à l’égard de l’Eglise catholique“. A l’occasion de cette canonisation, a insisté le ministre français, le président et le premier ministre “souhaitaient envoyer un message de très grand respect pour le Saint-Siège et le pape“.
Manuel Valls a dit entretenir avec les représentants des cultes en France “des relations marquées du sceau du respect, du dialogue, de la recherche de solutions concrètes quand il y a des questions qui se posent“.
A titre plus personnel, le ministre de 50 ans a expliqué avoir été “éduqué dans le catholicisme“ par ses parents avant d’avoir eu par la suite sa “propre évolution“. “La neutralité n’est pas l’indifférence“, a encore affirmé Manuel Valls à propos du fait religieux.
Dans la matinée du 21 octobre, Manuel Valls était sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, au Vatican, pour participer à la messe de canonisation présidée par Benoît XVI, en présence de dizaines de milliers de fidèles du monde entier. AMI
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