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Vatican - le 23/05/2013 à 19:20:00 Agence I.Media
L’évêque n’est pas un “fonctionnaire“, assure le pape François devant l’épiscopat italien.

Rencontrant pour la première fois l’ensemble de l’épiscopat italien, le 23 mai 2013 en fin d’après-midi, le pape François a mis en garde chaque pasteur devant le risque d’être un “fonctionnaire“ qui serait “plus préoccupé par lui-même“ et les “structures“ que par “le véritable bien du Peuple de Dieu“. Lors d’une célébration dans la basilique Saint-Pierre, le nouveau pape a également assuré que le rapport avec les différentes institutions de la péninsule était du ressort de la Conférence épiscopale italienne (CEI).


Pour sa première rencontre avec les quelque 250 évêques de la péninsule, au terme de leur visite Ad limina, le pape François a ainsi présidé une “profession de foi“ au cours de laquelle il a évoqué le reniement de l’apôtre Pierre avant de proposer une “méditation“ sur le “ministère pastoral“ des évêques et, a-t-il précisé, également du pape. Le pape, évêque de Rome et primat d’Italie, a alors notamment assuré que “le manque d’attention“ rendait le pasteur “tiède“.

Renier le Christ

Le “pasteur“, a ensuite soutenu le pape, “devient distrait, oublieux et même intolérant“. Ce manque d’attention de l’évêque, a-t-il poursuivi, “le séduit avec la perspective de la carrière, la flatterie de l’argent et les compromis avec l’esprit du monde, le rend paresseux en le transformant en un fonctionnaire, un clerc d’Etat plus préoccupé par lui-même, par l’organisation et les structures, que par le véritable bien du Peuple de Dieu“. “On court alors le risque, comme l’apôtre Pierre, a prévenu le pape, de renier le Christ, même si l’on se présente et l’on parle formellement en son nom“.

“Nous ne sommes pas l’expression d’une structure ou d’un besoin d’organisation“, a encore précisé le pape François devant l’épiscopat italien. Et le pontife d’expliquer qu’avec “le service“ de leur “autorité“ les évêques étaient “appelés à être le signe de la présence et de l’action du Seigneur ressuscité, à construire la communauté dans la charité fraternelle“.

Et malgré sa “faiblesse“, a encore affirmé le pape François devant le parterre d’évêques, le pasteur doit “marcher devant le troupeau“. Il doit aussi, a-t-il poursuivi, “être disposé à marcher au milieu et derrière son troupeau : capable d’écouter le récit silencieux de celui qui souffre et de soutenir la marche de celui qui craint de ne pas y arriver, attentif à relever, à rassurer et à répandre l’espérance“. Le pape, enfin, a invité les pasteurs à “mettre de côté toute forme d’arrogance afin de s’incliner sur ceux que le Seigneur (leur) a confié“, à commencer par leurs prêtres qui sont leurs “premiers fidèles“, leurs “fils“ et leurs “frères“.

Mise au point

Improvisant quelques mots dès le début de la célébration, face au cardinal Angelo Bagnasco, président de la Conférence épiscopale italienne, le pape a également salué le travail de la 65e assemblée générale de l’épiscopat, réunie du 20 au 24 mai au Vatican.

Il a aussi insisté à deux reprises pour dire que, parmi “les devoirs“ de la CEI, figurait “le dialogue avec les institutions culturelles, sociales et politiques“ du pays. “C’est votre rôle et ce n’est pas facile“, a affirmé le pape dans ce qui ressemblait à une mise au point alors que le Vatican est parfois critiqué pour sa trop grande implication dans les affaires italiennes. Cette critique a souvent été adressée à l’actuel secrétaire d’Etat, le cardinal italien Tarcisio Bertone.

En outre, le pape François a évoqué le nombre “tellement lourd“ des plus de 220 diocèses en Italie. Il a alors indiqué qu’une commission était actuellement chargée d’en “réduire un peu le nombre“.

Au terme de cette rencontre, le pape François a enfin pris le temps de saluer un à un les évêques italiens, passant lui-même entre les rangs et conversant avec chacun. AMI


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